‘’Je promets Yaoïtcha acte 2 pour décembre prochain, mais un administrateur du Fac me met les bâtons dans les roues’’
Il est un danseur de talent reconnu comme tel au Bénin et dans
plusieurs pays du monde. Sociétaire du Ballet National du Bénin, Léon Hounyè
alias SakpataZogbo, a voulu ressusciter une danse mythique de notre patrimoine.
La danse du feu Yaoïtcha ou Zohiho, dont il a tenu le coup d’essaie qui s’était
révélé coup de maître. Mais depuis lors il a de sérieux problèmes, un des
administrateurs du Fonds d’aide à la culture lui crée des soucis, quant à
l’organisation de la 2ème édition de ce festival. Très remonté,il se
confie à votre journal.
L’année dernière tu as organisé la 1ère édition de la danse
du feu YaoïtchaZohiho, peut-on s’attendre à la deuxième édition cette
année ?
Je le promets, mais je ne vous
cache pas qu’ils ont déjà détruit cette belle initiative. Ceux qui ont créé des
confédérations ont déjà tout gâté. Les administrateurs du fonds d’aide à la
culture sont entrain de me proposer un petit sou, mais quoi qu’ils fassent, je
tiendrai l’événement, c’est pour cela que je cours dans tous les sens.
Pourquoi parles-tu de petit sous, l’année dernière ils t’avaient
octroyé deux million qui ne suffisait même pas, n’eut été Ebénézer Bodjrènou tu
n’y arriverais pas ; voudrais-tu dire qu’ils ont réduire au lieu
d’augmenter ?
Léon Hounyè alias Sakpata Zogbo, Promoteur de la danse du feu |
Mon frère les réels problèmes du
Bénin, ne sont pas les présidents qui se sont succédé et Boni Yayi en
particulier a fait pour lui. Il a même beaucoup fait pour nous autres artistes.
A vrai dire les problèmes des artistes, de la culture et du fonds d’aide à la
culture, ne viennent pas d’ailleurs. Ce sont ceux que nous-mêmes artistes
avions choisi en tant qu’administrateurs, ce sont eux qui salissent le fonds,
qui tuent les initiatives culturelles porteuses dans l’œuf avec leur boulimie,
leur propension à la corruption et au détournement de deniers publics.Et ce
sont ces mêmes personnes qui se sont entendus pour créer une soi-disant
confédération, histoire de bien se partager entre eux le butin que constitue
les milliards culturels.
Pourquoi ces propos tendancieux, as-tu été victimes du comportement des
administrateurs du fonds d’aide à la culture ?
Ecoutez, Monsieur le journaliste,
ce qui se passe dans cette maison est horrible. Je me demande parfois si le directeur du fonds
et le ministre de la culture en ont conscience. En 2014, lorsque je recevais
les deux million, ils m’ont intimé l’ordre de le leur retourner afin qu’ils se
le partagent. Ce que j’ai refusé, parce que pour moi prendre les sous destinés
à la culture et ne pas faire sa promotion est dangereuse et c’était mon nom qui
était en danger. Donc j’ai tenu le pari avec l’aide de M. Ebénézer Bodjrènou. A
la fin, je n’avais plus la possibilité de les soudoyer et c’est là que commence
mes problèmes. Certains des
administrateurs ont même juré que je ne prendrai plus rien, même pas 25 francs
au fonds.
Vu que le Président Boni Yayi,
mesurait la portée de cette initiative et qu’il m’avait accompagné en 2014 avec
une enveloppe de cinq cent (500.000) mille francs CFA, j’ai décidé de lui
écrire pour dénoncer leurs comportements. Lorsque les administrateurs ont
appris dans les coulisses ce que je me préparais à faire, ils m’ont appelé.
La danse du feu en question |
Que s’est-il passé alors à cette rencontre ?
C’était pour moi, une rencontre
de vérité. Je n’avais rien à perdre, ni rien à cacher ; il fallait crever
les abcès puants. Alors devant eux tous, je leur ai dit qu’en 2014, Florent E.
Hessou qui était aussi présent dans la salle, avait demandé à ce que je lui
remette les deux million et qu’il me donnera trois cent (300.000) mille francs
CFA et que même si je n’organisais pas ce pourquoi j’avais pris les sous, que
rien ne se passerait, mais qu’il me garantie qu’on fera toujours pareil tous
les ans. J’ai aussi déclaré que c’est ce qu’il fait avec plusieurs porteurs de
projets et que comme moi, je tenais à réaliser mon initiative, à la fin comme
il n’a rien eu, il m’a menacé que je n’aurai plus rien. Je n’avais pas omis de
leur dire, qu’il a déjà détourné le projet pour quelqu’un d’autres à qui il a
attribué déjà deux (02) million de francs CFA, tandis que moi qui ai réalisé le
projet on me propose cinq cent (500.000) mille francs CFA, c’est vraiment
pitoyable.
Et dire que ce sont ceux là qui
se regroupent pour créer une confédération, soit disant pour défendre les
intérêts des artistes, c’est inconcevable. Ils ont déjà tué la culture,
maintenant ils veulent chanter le requiem des artistes.
Et selon toi, qu’est-ce qui fait que des artistes ayant connaissance
des difficultés et de la misère qui se vivent dans ce domaine, devenus
administrateurs du fonds d’aide à la culture, changent du jour au
lendemain ?
Ils sont effectivement tous des
artistes, mais depuis qu’ils sont devenus administrateurs, ils ne font plus
rien. Le plasticien ne peint plus de toile, le comédien ne planche plus, le
chanteur vois seulement les micros de loin, l’écrivain n’écrit plus, le danseur
a perdu la notion des mouvements, ils ne font plus rien du tout. Ils se sucrent
au fonds d’aide à la culture, sur le dos des artistes, des vrais et des
porteurs de projets. Si je prends mon cas, je suis danseur au Ballet National,
je viens d’une répétition comme cela où j’ai dansé depuis le matin, comme moi
d’autres artistes sont au travail maintenant. Mais ceux là qu’on a élu
administrateurs ne veulent plus rien faire. Ils détournent les sous du fonds se
payent de grosses voitureset construisent de belles maisons, tandis que les
artistes qui mouillent le maillot sont à la traine
Et dans tout cela que dit le directeur du fonds ?
Il est très gentil et très
compréhensible avec les artistes. Blaise Tchétchao m’a appelé quand il a appris
tout ceci, il a promis m’aider. Lui au moins est très simple sauf qu’il ne peut
rien faire seul. Ce sont les administrateurs qui décident. Mais ce sont eux qui
tuent le fonds, les artistes et la culture béninoise. Ils composent des
dossiers de projets au nom de leurs femmes, de leurs bureaux, leur chauffeur,
leurs frères et sœurs, leurs beaux frères, même les vendeuses d’igname pilé qui
sont leurs copines et octroient des fonds de gros sous à ces projets. Lorsque
les intéressés vont récupérer les sous au Trésors public, ils les attendent à
bord de leurs véhicules, prennent l’argent et leur donnent des miettes.
Quels sont les réels problèmes de Yaoïtcha aujourd’hui ?
Merci pour cette question. La
danse Yaoïtcha ou le festival Zohiho la danse du feu, que nous nous proposons
de promouvoir, connais des blocages du fait des comportements d’un
administrateur véreux du fonds d’aide à la culture. Lui seul est administrateur
du patrimoine et en même temps celui des écrivains et c’est lui qui me crée des
soucis. Mais avec les œuvres et l’aide de Dieu, j’y arriverai. Il se fait
représenter par un jeune au niveau du patrimoine, qui fait des efforts que lui,
il tue par la suite. Mais lui depuis qu’il est devenu administrateur octroie
des fonds à sa femme et un de ses frères qui n’est même pas artiste. Et c’est
ce genre de comportements qui bloquent les autres dans leur élan. J’ai les preuves de ce que je dis.
Malgré tout, tu tiendras le pari, c’est déjà pour quand et qui sont ces
personnes sur lesquelles tu comptes, car cinq cent
(500.000) mille francs ne pourront pas réaliser ce que nous avons vu l’année
dernière à Zogbo hein ?
Oui je vais réaliser l’exploit de
tenir l’événement et le 15 décembre 2015 marquera son envol. Cette édition sera
encore plus mousse avec l’aide de Dieu et de certaines personnes qui ont été
vexées par le comportement de cet administrateur. En premier le ministre
Soumanou S. Toléba, Ebénézer Bodjrènou, Aubin Akpohounkè, Christophe Vignigbé,
Blaise Tchétchao, etc. m’ont promis leur soutien.
Propos recueillis par Patrick Hervé YOBODE
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