jeudi 28 août 2014

Valeurs d’Ici


Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo héritier du trône du père fondateur Akotinmè Dodo

Depuis quelques années, le trône des Hounon connait des soubresauts indescriptibles. Un seul trône, mais trois rois. Une histoire tumultueuse qui nous a poussés à aller investiguer. Au cours de notre périple, il nous a été révélé que le trône des Hounon que beaucoup croient implanter à Ouidah, a une origine bien définie. Dégouè Djotin, voilà le village d’origine de ce trône qui a désormais son roi légitime. Incontournable et incontesté, Sa Majesté Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo, chef suprême et grand dignitaire des religions endogènes du Bénin, règne sur le trône de ses ancêtres depuis 2007, après l’avoir fui pendant des années. Son intronisation fait suite à l’insubordination de Tomandjlèhoukpon II, qui a été intronisé après de moult négociations avec les descendants légitimes du fondateur Akotinmè Dodo. Haut dignitaire du culte vodoun, roi légitime du trône des Hounon, il est en même un tradithérapeute hors pair qui accompli des merveilles. Il guérit plusieurs maladies et permet même aux femmes ménopausées de faire des enfants. Son ancêtre Akotinmè Dodo, avant de tiré sa révérence en 1452, après plusieurs années de règne avait laissé du savoir. L’histoire du trône des Hounon, son intronisation et les dessous des mésententes dans les lignes à suivre.  
Des origines du trône des Hounon.
Sa Majesté Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo


On ne le dira jamais assez, la royauté au Bénin est une longue et interminable histoire et qui fonde tout le Danxomè d’hier et le Bénin d’aujourd’hui. La royauté et le trône des Hounon en est une belle illustration. Bien avant l’an 1400, le peuple Houéda amené par Akotinmè Dodo, venait s’installer à Dégouè Djotin avec plusieurs divinités dont hloua vodoun Agboé. Cette dernière divinité a une puissance terrible, une force incommensurable qui agit et libère. Se déplaçant en même temps avec son trône, il échoua dans ce village et trouva son aise. Dans son envie d’étendre son petit royaume, mais de façon pacifique, il alla voir quelques membres de la famille Zohoungbo d’alors qui se fait appeler Zossoungbo de nos jours. Ils s’étaient donc entendus, pour vivre ensemble et cogérer le trône. Akotinmè Dodo déplaçait donc toutes ses divinités de Dégouè Djotin vers Sogbadji. Depuis lors, le trône de Daagbo Hounon sera cogéré par ces derniers sur des clauses bien définies.  En 1452, lorsque Akotinmè Dodo rendait l’âme, c’est Mizon son frère qui lui succéda et régna de 1452 à 1581. A sa mort le trône resta vacant pendant 2 ans. En 1583, Déka III, un collaborateur d’Akotinmè Dodo sera intronisé et régna de 1583 à 1673.  Mènou IV également un ami du fondateur lui succéda et conduisit de 1675 à 1742. Mèwassin V, le fils d’Akotinmè Dodo, dont le nom signifie le pouvoir est revenu à la maison, prenait possession du trône de son père et conduisit ses destinées de 1744 à 1748. Successivement,  Aïssi VI, Hounsi VII, Houngni VIII et Tomandjlèhoukpon IX, ont connu les délices du trône de 1752 à 1973. A la mort de ce dernier, le Fâ consulté révéla Tossou Gankpon, qui déclinera l’offre parce que basé en Côte d’Ivoire il avait instauré son royaume et fait fortune là-bas. Pour que le trône ne connaisse pas une autre vacance, Daagbo Hounon Hounan, fut proposé au Fâ qui l’accepta. N’étant pas un descendant direct du fondateur, il fut baptisé Hounan, un nom qui signifie ‘’C’est la mer qui a donné’’.  Daagbo Hounnon Hounan, régnera de 1975 à 2004. A sa mort, un fils de Tomandjlèhoukpon, après d’âpres négociations avec les descendants d’Akotinmè et selon les clauses ancestrales, Tomandjlèhoukpon II sera intronisé sous la houlette de Hounlasso et les Tassinon, chargées des prières, c’était dans temple de Hloua vodoun Agboé, ce temple qui a vu le couronnement de tous ceux qui se sont succédés sur le trône.

La pomme de discorde

Intronisé comme tous ces braves gens qui se sont succédé sur le trône d’Akotinmè Dodo, Tomandjlèhoukpon II, a tôt fait de montrer son insubordination par rapport aux clauses ancestrales établies par les Akotinmè Dodo. Il a bafoué tout ce qui liait Sogbadji à Dégouè Djotin, narguant et embêtant les descendants directs au trône. Il n’a pas hésité à piétiner allègrement les clauses de son  intronisation négociée. Frustrés à bloc et décidés à en découdre, les descendants directs de conclaves en conclaves, prenaient la courageuse décision. Désormais la réhabilitation du trône de leurs ancêtres s’imposait. Ils ont violemment manifesté leurs mécontentements en allant découdre avec les usurpateurs à Sogbadji. C’est ainsi qu’ils ont ramené au bercail, les divinités et autres puissances de leurs ancêtres. D’ailleurs l’imposture de Tomandjlèhoukpon II, lui a valu la cécité.

La réhabilitation et la perle rare
Sa Majesté Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo
Une fois les divinités ramenées à leur base d’origine à Dégouè Djotin, il fallait trouver un dignitaire pour s’en occuper. Dans leurs recherches parmi tous les descendants directs d’Akotinmè Dodo, au Bénin comme à l’extérieur, le même nom est revenu plusieurs fois. Celui dont il s’agit avait été désigné depuis les entrailles de sa mère pour occuper le trône de son ancêtre. Malheureusement, il grandit et choisit d’être chrétien. Ayant fait ses armes dans plusieurs églises évangéliques, il devint par la suite pasteur et renonce définitivement au trône ancestral qui lui était destiné. Il aura tout vu et tout découvert avec son aventure de pasteur. Le fugitif qui pendant des années, a fui  la volonté de Dieu qui est la charge que lui confie ses ancêtres, sera rattrapé par l’histoire. Le pouvoir désormais à la source, l’appelait de toutes ses forces. Toujours obstinément opposé à ce destin qui lui tend les bras, ses affaires ont commencé par amoindrir. Il persistait dans son refuge sous le manteau  du christianisme en se forgeant une vocation et un dévouement au Christ qui dépassait l’entendement. Il a gravi les échelons pour être pasteur. Complètement ruiné, car s’opposant toujours à la volonté de ses ancêtres, il sera contraint de renoncer à la perdition. Il finit par accepter car nul ne peut échapper à son destin. C’est ainsi que le 19 Octobre 2007, laissant agir les mânes de ses ancêtres, il sera intronisé roi et prend le nom fort de Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo Emèssigbèdhé. Désormais assit sur le trône de son ancêtre Akotinmè, Daagbo Hounon Azikpégowasin Doudédji Alomononwlizo Emèssigbèdhé, entend redorer l’image du trône ceci pour prouvé qu’il est vraiment revenu au bercail. Sous la houlette donc de l’intronisateur, le haut dignitaire Agboèssi Hounylassô et de ses assistants, il fut intronisé Daagbo Hounon. Depuis 2007, il assure donc les fonctions de chef suprême et de grand dignitaire des religions endogènes du Bénin. Son seul souci, redonner toute sa valeur et toute sa crédibilité au trône.

Réalisation Patrick Hervé YOBODE




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