dimanche 11 novembre 2012

Lancement officiel de la Biennale Regard Bénin 2012



C’est parti pour deux mois d’attraction sur les arts plastiques


(Dominique Zinkpè un artiste rompu à la tâche pour une visibilité accrue des arts visuels)


Dominique Zinkpè Directeur Exécutif de la Biennale
Longtemps laissé  à la seule charge de certaines institutions, des galeristes et amateurs, le secteur des arts plastiques   vient de trouver un créneau qui permettra sa libre expression et sa promotion. Il s’agit de la Biennale Regard Bénin qui cette année s’officialise et célèbre sa toute 1ère édition. Lancée le vendredi dernier par la direction exécutive dirigée par Dominique Zinkpè, la direction artistique dirigée elle par Abdellah Karroum et le ministre de la culture Jean-Michel Abimbola, la Biennale promeut et valorise non seulement le riche patrimoine culturel béninois, mais favorise le brassage interculturel entre les artistes d’horizons divers et partant au rayonnement culturel du Bénin et à l’intégration culturelle régionale et internationale.
Les populations d’Abomey, de Cotonou, de Ouidah et de Porto-Novo et celui venu de tous les continents ont l’occasion d’apprécié du 08 novembre 2012 au 13 janvier 2013 ; le génie créateur et le savoir faire des artistes nationaux et internationaux invités dans le cadre de la Biennale Regard Bénin 2012. Composée d’une série d’activité, la Biennale mettra en lumière les multiples facettes de la riche culture béninoise. Elle ambitionne d’être un moment fort d’échanges interculturels entre les artistes de toutes les tendances et formes d’expressions confondues. Se déroulant autour du thème : « Inventer le monde : artiste citoyen », la biennale Regard Bénin, se veut être l’élément catalyseur qui favorise et facilite non seulement le brassage entre les artistes ; mais rapproche l’art visuel de la population et implique davantage l’artiste dans la gestion de l’environnement et de la cité. Les deux mois d’intenses activités, mettront les projecteurs sur les arts plastiques à travers les rencontres, les colloques, les projets spéciaux et les autres formes d’arts de la scène. Terre exceptionnelle pour la  création dans le domaine des arts visuels, le Bénin s’affirme de plus en plus comme une plaque tournante et un carrefour incontournable de la promotion des arts visuels sur le continent africain.
Toute chose à mettre à l’actif du gouvernement, des partenaires et sponsors, mais également d’un homme dont le dynamisme et l’ambition dépassent l’entendement. Dominique Zinkpè puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est investi corps et âme ainsi que Abdellah Karroum pour la tenue de cet événement d’envergure qui déjà est inscrit dans l’agenda national et régional des événements culturels et artistiques. Avec sa programmation artistique qui fait une bonne place aux talents artistiques, en consacrant et en célébrant la qualité de la création culturelle  béninoise, africaine et mondiale, la Biennale Regard Bénin 2012 a à son lancement connu une exposition internationale et une cérémonie de remise de prix à l’espace Kora. Des trois prix en jeu, Nestor Dah a décroché  celui d’encouragement d’un montant de 1 million 300 mille francs CFA. Le prix de l’Institut français d’un montant de 2 millions de francs CFA est allé au groupe nigérian Invisible Borders (Frontières Invisibles), tandis qu’Aston artiste plasticien béninois enlève le prix du président de la République d’un montant égal à celui du prix de l’Institut français.    

Dansons Maintenant 2ème édition



 La Fondation  Zinsou met la danse contemporaine au contact du public


Salia Sanou parrain de Dansons Maintenant 2012
Du 10 novembre au 08 décembre 2012, la Fondation Zinsou en partenariat avec l’Institut français de Cotonou présente la 2ème édition de Dansons Maintenant. Avec le succès retentissant de l’édition 2011, qui s’organisait autour des œuvres du photographe Antoine Tempé, la Fondation Zinsou a jugé bon de rééditer l’événement en donnant à la danse contemporaine sa place au Bénin. Officiellement lancée ce samedi 10 novembre la présente édition de Dansons Maintenant a déjà permis au public de savourer deux spectacles de danse contemporaine de la compagnie Mouvements Perpétuels du parrain de l’événement.
‘’Souvenirs de la rue princesse’’ au champ de foire, ‘’Filéliké’’ au théâtre de verdure de l’Institut français à Cotonou, c’est par ces deux spectacles de danse contemporaine, ouvert au public de tout âge que Dansons Maintenant 2012 prend son envol. Les deux partenaires, la Fondation Zinsou et l’Institut français de Cotonou affichent leur détermination à promouvoir la création des artistes, afin d’extraire la danse contemporaine de l’anonymat de la rue pour la projeter devant la scène publique en oubliant les diktats de la programmation festivalière professionnelle. Avec des moyens  techniques de pointe et la crème des techniciens professionnels du moment, danseurs et public dans des conditions adéquates, célébrerons la rencontre avec la danse contemporaine.  Huit compagnies de danse africaines et européennes enchanteront les spectateurs en mettant en exergue leur imaginaire,  libre de sentir et de définir ou de redéfinir leurs émotions. Et  c’est  tout naturellement la Compagnie Mouvements Perpétuels qui a donné le top, devant un public dont la moyenne d’âge est de huit ans, à travers ‘’Filéliké’’, chorégraphié et interprété par Salia Sanou danseur-chorégraphe burkinabé, parrain de Dansons Maintenant 2012. A partir de ce samedi  10 novembre donc, chaque week-end sera dansant et ce jusqu’au 08 décembre 2012 avec la Fondation Zinsou et l’Institut français, les artistes et le public. Avec une programmation alléchante, faite de tables rondes, de conférences sur différentes thématiques, des ateliers gratuits pour professionnels et amateurs, des projections gratuites de films pour découvrir  la           danse contemporaine, avoir les clefs de compréhension, la Fondation Zinsou, est restée fidèle à l’un de ses fondements principaux qui voudrait  exalter le talent et la création contemporaine sans échelle de valeur, donner à voir au plus grand nombre l’excellence. Signalons que dans le cadre de cette 2ème édition de Dansons Maintenant, un atelier-projet chorégraphique a été donné par Salia Sanou du 27 octobre au 10 novembre 2012 au centre des jeunes et loisirs d’Agla,  avec à chaque séance 80 participants. Le mot d’ordre était de fédérer et la rencontre, l’échange et le savoir-vivre ensemble étaient les moteurs de ce projet. La performance de cet atelier a été présentée ce samedi 10 novembre au champ de foire.

Portail culturel du Bénin



Après son lancement, le conseil de gestion face à une gageure


La salle polyvalente du Palais des Congrès de Cotonou a abrité le samedi dernier, le lancement officiel du Portail Culturel du Bénin. Financé par le programme Société civile et culture (PSCC) et confié à Inov’Art de Patrick Idohou, coordonnateur du Portail, cet interface renait de ses cendres pour contribuer à la visibilité du Bénin sur la toile de part sa diversité culturelle et pour renforcer les capacités des acteurs culturels.
Patrick Idohou Coordonnateur du Portail
Le nouveau Portail Culturel du Bénin vient d’être lancé. Après donc l’installation et la remise de matériels au conseil de gestion en octobre dernier, le Portail Culturel rentre dans la phase active de ses activités. Entièrement dédié à la promotion de la culture nationale, la mission du Portail consiste à collecter, centraliser et mettre en ligne, dans le réseau internet, toute l’actualité culturelle qui se déroule sur l’ensemble du territoire et les informations utiles sur le secteur culturel béninois. C’est une véritable vitrine de valorisation du potentiel et de la richesse culturels du Bénin, dans tous ses aspects et compartiments. C’est également un espace d’information pour les chercheurs, les professionnels du secteur et le grand public. C’est dont avant tout un outil de la technologie de l’information. Il a vocation de diffuser l’ensemble de l’actualité culturelle du Bénin, dans divers domaines dont : musique ; théâtre, danse, cinéma, arts visuels, livre et savoirs, événementiels, patrimoine culturel etc. et de participer au renforcement des capacités des acteurs culturels. Avec sa base à Cotonou, le conseil de gestion du Portail Culturel à des correspondants installés dans les six (06) anciens départements du pays. Il a son siège au 3ème étage de l’immeuble Montcho, au carré 920 à Sikècodji, non loin des feux tricolores du Carrefour Marina en quittant la place de l'Etoile Rouge pour Dantokpa. Dans  ses activités, il est prévu des creusets d’échanges en vue d’une meilleure réflexion autour des enjeux de la culture. Des séances d’ateliers d’information et de formation (Vendredi des artistes) au profit des associations de base, des groupements artistiques, des promoteurs culturels etc. Hormis ces séances,  une formation en résidence de six jours en gestion de projets culturels sera organisée en deux volets, un au Nord et un au Sud au profit de 50  promoteurs et acteurs culturels. Les acteurs culturels seront répertoriés et une base de données sera créée, suivie,  mise à jour et rendue accessible sur le site du Portail Culturel. Bref plusieurs activités sont inscrites sur la feuille de route du conseil de gestion et constituent un défi à relever par l’équipe du très dynamique Patrick Idohou.

jeudi 8 novembre 2012

Culture, Arts Lettres et Récompenses


Chika Unigwe : lauréate 2012 du Nigeria Prize for Literature

(Une première pour un auteur résidant hors du pays)


L'écrivaine nigériane résidente en Belgique, Chika Unigwe, a reçu le Nigeria Prize for Literature (NLNG). L'auteur de On Black Sister's Street empoche, à l'occasion de cette 9e édition, la récompense convoitée de 100.000 dollars. Ayo Banjo, président du jury, a annoncé la grande gagnante, ce jeudi, lors d'une conférence de presse à Lagos.





Le prix a été institué en 2004 par Nigeria Liquefied Natural Gas (NLNG) pour récompenser les artisans méritants de la littérature et de la science dans le pays.

Chika Unigwe est la première lauréate vivant en dehors du territoire national à remporter la récompense. Titulaire d'un doctorat en littérature de l'université de Leiden, elle a notamment publié des histoires courtes au sein de diverses anthologies, revues et magazines, mais n'a jamais vu ses oeuvres traduites en français.

Chika Unigwe
Son livre était opposé à deux autres finalistes : Only a Canvas, écrit par Olusola Olugbesan, et Onaedo : The Blacksmith's Daughter, de Ngozi Achebe.

En 2003, l'écrivain faisait déjà partie des finalistes du prix Caine dédié à l'écriture africaine. L'année suivante elle a remporté le concours de fictions courtes organisé par la BBC, et fut primée de la Commonwealth Short Story Competition.

Au cours d'un entretien accordé au « Daily Times » , Chika Unigwe a déclaré : « Je voulais vraiment ce prix,  et je suis très heureuse de l'avoir obtenu. »
Source: Africultures

littérature / édition

 Très bonnes nouvelles du Bénin de Jacques Dalodé




Très bonnes nouvelles du Bénin . Voici le premier ouvrage d'un ancien ingénieur, diplômé de l'école des Mines de Paris et de l'Institut français du pétrole. Né à Cotonou en 1948, depuis peu retraité, Jacques Dalodé  vient d'ajouter une corde à son arc : l'écriture fictionnelle. En treize nouvelles au rythme soutenu (parution Gallimard "Continents Noirs"), il distille quelques facettes de son pays natal.

           Jacques Dalodé

 

Quelles "très bonnes nouvelles du Bénin" l'optimisme apparent du titre reflète-t-il ? Le ton est donné dès les premières lignes du livre : "Sur la route de Porto-Novo, à sept kilomètres de Cotonou, le PK7 est un quartier tranquille où œuvrent les voleurs". Ces "visiteurs indésirables sautent par-dessus les murs pour s'attaquer aux poules et cabris. Et parfois poussent l'audace jusqu'à pénétrer dans les salons, emportant au passage télés et magnétoscopes".

Habitant du quartier connu pour son assurance et sa sérénité inébranlables, le douanier Bonaventure Sèbolola se croit intouchable : "Le voleur qui mettra les pieds chez moi n'est pas encore né". Un jour pourtant, il se met à douter de lui-même. Et la hantise du vol s'empare de lui… Il achète trois bergers allemands - à l'œil torve -, et un fusil. Et se met à tirer en l'air, de temps en temps, pour dissuader les potentiels voleurs. Il sera finalement lui aussi victime d'un vol.


Un Blanc en Afrique. Désir de puissance et condescendance

Dans "L'invité-roi", l'auteur dresse le portrait caustique d'un Blanc en Afrique. Venu négocier la vente de chalutiers, l'homme, du nom d'Honoré Pignol, débarque encombré d'appareils photo. "Sa première nuit africaine fut en tout point conforme à son attente". Se déhancher dans une boîte de nuit sur des rythmes makossa, tchink et reggae ; "secouer bras et jambes" et "remuer frénétiquement la tête, le torse et les hanches jusqu'à ce que les décibels et les vapeurs d'alcool fassent leur œuvre sublime et pénétrante". La deuxième nuit "fut à l'image de la première : torride. Ayant déniché deux belles de nuit, il les traîna dans les dancings et s'employa
à les faire pleurer de rire".

Jacques Dalodé met en scène l'arrogance, le désir de puissance et la condescendance de ce "Français de France" imbu de lui-même, qui veut "tout connaître du pays", marchander mais ne pas se faire "rouler"… Sans attendre, il tutoie, donne des conseils - goudronner toutes les rues de la ville, construire des hôtels, exporter le sable du Bénin vers l'Europe… Il énonce de pseudo bons sentiments et avance que rien pour lui n'est un mystère ici : "Il comprenait l'Afrique de tout son cœur et de toute son âme. Cette Afrique encore recroquevillée sur son passé allait, il n'en doutait pas, se projeter d'un grand bond dans l'avenir".



"Nous ne sommes pas encore allés à la limite de nos farces"

Dans une autre nouvelle, Jacques Dalodé offre une satire cocasse d'une vente de charité instaurée dans un village par des pères missionnaires. Organisée une fois par an, celle-ci se mue insidieusement en une vente aux enchères aux allures festives, que rejoint à la fin de l'office une foule de fidèles enthousiastes. Les enchères se succèdent dans une ambiance joviale. Et les mains sont "prestement délestées de leurs sous". En filigrane, on découvre les ressorts d'une manipulation sournoise. L'auteur conte aussi les aventures désopilantes d'un féticheur dans un "taxi-brousse" bondé.

Le 13e et dernier chapitre débute avec un avertissement ironique : cette nouvelle n'est pas pour les superstitieux. L'histoire relate les déboires d'un homme qui, suite à l'annonce erronée de son décès par une radio, est rattrapé par la "culture de l'ennemi occulte". Il tente d'y opposer un mode de pensée cartésien et de faire preuve de sang-froid, mais se laisse entraîner irrémédiablement…

L'auteur renvoie dos-à-dos les croyances - celles dites "occultes" et les autres. C'est ainsi que le narrateur découvre, avec étonnement, que : "mes amis chrétiens s'y mirent aussi, à leur façon[…]Le père Allagnon, de retour de Lourdes, m'apporta de l'eau mariale et en aspergea toute ma maison". L'histoire se clôt avec l'entrée en scène de l'ABCD, "Association béninoise des compagnons debout"créée par un groupe de jeunes "qui cherche à dire la vérité", dont la réunion mensuelle se termine par la déclaration rituelle : "Nous ne sommes pas encore allés à la limite de nos farces".



Le Bénin dans le vif du quotidien

Jacques Dalodé cisèle ses nouvelles avec minutie et habileté. En un style épuré et percutant, par touches impressionnistes, il dresse un tableau des réalités quotidiennes du Bénin urbain et rural ; mettant en scène les tribulations de personnages saisis dans le vif de leur quotidien entre Cotonou - la capitale -, et Boulagon, village imaginaire. Il est question de naissance, de vie, de mort, de stérilité, de corruption, de mauvais sort, de croyances occultes, de trahison…

Essaimées d'anecdotes piquantes et truffées de détails visuels, les histoires, au dénouement souvent inattendu, défilent comme dans un film. Les éléments du décor - qui mêle réel et imaginaire - apportent des fragments d'éclairage socioculturel : le temple du serpent vert, la rue du Poteau cassé, une école sans clôture, des maisons de terre rouge avec leurs toits en tôle ondulée rouillés ici et là, la "longue rue des Églises" (avec ses trois lieux de culte, catholique, protestant et chrétien céleste), des "librairies par terre" (étals de livres d'occasion posés à même le sol), le PCO (Poste de Commandement Opérationnel) de Cotonou, centre réputé lieu de torture.

Derrière l'ironie du titre se profile un véritable optimisme, qui s'incarne dans des personnages intrépides, faisant face avec patience, inventivité et humour aux obstacles de vie, s'efforçant d'en déjouer la charge négative. Jacques Dalodé évite l'écueil d'un discours moralisant. Il suggère des flottements entre ombre et lumière. Et soulève des interrogations, qu'il laisse ouvertes.

Christine Tully-Sitchet



1. Jacques Dalodé, Très bonnes nouvelles du Bénin, Paris, Gallimard, coll. Continents Noirs, 2011, 240 p.
2. L'âme militante, Jacques Dalodé soutient activement l'association [Survie] (engagée notamment dans la lutte pour l'assainissement des relations franco-africaines) et la [Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires] (engagée dans la lutte contre les paradis fiscaux), qui réunit quinze organisations de la société civile française, parmi lesquelles ATTAC et Survie).
Source:Africultures

mardi 6 novembre 2012

Interview de Vincent de-Paul DJEGO alias Sèxwi

‘’Malgré les rancunes, les souffrances, les peines rencontrées, il faut se batailler pour atteindre les sentiers de sa destinée, Sèxwi c’est écrit dans la main’’.


 Né à Savi dans la Commune de Ouidah département de l’Atlantique, Vincent de-Paul DJEGO est incontestablement l’une des figures phares de la culture béninoise. Artiste de talent et par ricochet un tout à tout dans la musique traditionnelle de son pays, il a fait ses débuts en tant que pratiquant du rythme ‘’Tchinkounmey’’. Doté d’un naturel de chercheur et insatiable par sa curiosité, il compte dans son escarcelle une dizaine de prix et de distinctions. Poussé par l’envie d’inscrire son nom dans les annales de la culture béninoise en lettre d’or et ne tolérant pas le copier coller, il vient de doter la musique traditionnelle béninoise d’un nouveau rythme. Il s’agit du ‘’Dongoudou’’, qui déjà validé par le collège des garants de la tradition et de la musique traditionnelle le 15 Août dernier, ce rythme est entré par la grande porte dans les annales de la culture du Bénin ainsi que son géniteur. Fusion pittoresque des instruments musicaux traditionnels de plusieurs contrées du Bénin, le ‘’Dongoudou’’ crée par le vainqueur des artistes du Bénin (CONAVAB Inter 2012) prouve toute la richesse de la culture de ce pays qui regorge de potentiel.




Sèxwi le géniteur du ''Dongoudou''
Qui est Sèxwi ?

Je suis Vincent de-Paul DJEGO, natif de Savi dans la commune de Ouidah, je suis artiste de la musique traditionnelle du Bénin mon pays que j’adore depuis plus d’une décennie, je suis plus connu sous mon nom d’artiste Sèxwi.

Que peux-tu dire de ton parcours dans la musique ?

A vrai dire, je suis issu d’une famille où tout le monde chante et danse. La musique c’est d’abord une histoire de souche chez moi, elle était d’abord dans le sang et s’est révélée après. J’ai commencé sur les bancs et j’animais les journées culturelles des établissements. J’ai été aussi membre de la Chorale ‘’Hanyé’’ en l’Eglise Catholique. Au départ je ne chantais pas, mais j’étais un percussionniste. C’est donc à l’Eglise que j’ai mis sur pieds mon groupe de musique folklorique qui animait toutes sortes de manifestations. Ce n’était qu’en 1998 que j’ai pris le microphone pour la première fois et ma prestation a émerveillé plus d’un.  J’ai commencé ma carrière musicale par le ‘’Tchinkounmey’’ qui m’a permis de participer à plusieurs concours auxquels je remportais toujours des prix.

Justement, Sèxwi est l’un des artistes les plus capés au Bénin, quels sont donc les concours auxquels il a pris part et pour quels prix remportés ?

Le premier grand concours auquel j’ai pris part c’était Fine Challenge organisé par la marque de cigarette Fine. C’était en 2004, un concours international organisé dans plusieurs pays dont : le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo. Les champions de ces pays se croisaient en finale. Et c’est  cette grand finale qui a vu mon sacre et m’a permis de réaliser mon 1er  album en 2005.  Le second concours, c’est celui du ministère béninois en charge de l’environnement à travers l’Agence béninoise de l’environnement (ABE). Il s’agissait de composer une chanson sur l’environnement. Des 1029 artistes à déposer leurs œuvres, dans la catégorie musique traditionnelle, j’étais le 1er remportant le trophée le 31 décembre 2007 au Palais des Congrès de Cotonou. En 2009 Unicef Bénin et Wildaf ont organisé un autre concours auquel je prenais part et qui m’a vu prendre aussi le 1er prix. Dans la commune de Ouidah j’ai été le super champion au cours du festival des artistes organisé chaque année par la Radio Gbètin. En 2010, je prenais part au festival national des arts et de la culture du ministère béninois en charge de la culture, dans la cité historique des Houégbadjavi à Abomey, après les phases communales et départementales où j’ai été le représentant de l’Atlantique à la grande finale.  J’ai remporté donc au FESNAC le 2ème prix. Cette année 2012, je représentais toujours le département de l’Atlantique à la Coupe nationale du vainqueur des artistes du Bénin (CONAVAB Inter 2012). A l’issue de la grande finale qui se déroulait le 7 septembre dernier, j’ai été sacré vainqueur de la 1ère édition de CONAVAB à l’international. Je serai également cette année sur le festival Adjara.

Parlant de CONAVAB, quel était ton état d’âme au moment où tu recevais le trophée de CONAVAB Inter 2012 ?

D’abord, ce fut une grande joie pour moi de remporter ce trophée pour ma commune, car Ouidah en 15 années d’existence de cette compétition n’a jamais gagné sur CONAVAB. Personne n’y croyait. Mais c’était déjà une grande joie pour nous d’être qualifiés pour la grande finale. Avec nos prières, Dieu nous a assistés et avec notre savoir faire, nous avons pris le dessus.  Ceux qui étaient là, ont certainement vu tout ce que j’ai fait, le décor de la scène, mon arrivée sur scène, mon accoutrement, tout venait d’une inspiration divine. La géante main que j’ai fait réaliser et qui traduisait  ce que disait ma chanson. Bref c’était une réussite comme ça a toujours le cas sur CONAVAB. On n’a pas bénéficié de faveurs qui que ce soit, c’est un prix mérité vu l’envergure de notre travail, de ce que nous avons présenté. C’est le prix du travail bien fait.

Quelle explication tu donnes de ton nom d’artiste Sèxwi ?

Mon nom d’artiste est une source d’inspiration, c’est dans un  sommeil que le nom m’a été révélé. Sèxwi, mon titre qui m’a permis de remporter le trophée de CONAVAB Inter 2012, l’a si bien illustré. Sèxwi, c’est une invite à la persévérance, à l’espoir, à l’abnégation, au courage car il est écrit dans la main de chacun ce qu’il doit être sur terre. Malgré donc les rancunes, les souffrances, les peines et les difficultés rencontrées, il faut se batailler pour atteindre les sentiers de sa destinée. Sèxwi c’est écrit dans la main.

Combien d’album Sèxwi à t-il à son actif ?

Pour le moment, j’ai deux albums dont : ‘’Ahouignan’’ le premier lancé en 2005 et le second intitulé ‘’Dongoudou’’ mis sur le marché des disques le 21 Août 2011. Le troisième  opus est en cours et sera uniquement que du Dongoudou.

Alors, le ‘’Dongoudou’’ qu’est-ce que c’est, est-ce un rythme, un concept propre à Sèxwi ?

Je suis quelqu’un qui a de l’ambition, mon souci, c’est de me faire un nom, de porter haut le flambeau de mon pays. Le ‘’Tchinkounmey’’ mon rythme de départ ne pouvait pas me permettre d’atteindre un tel objectif, vu le nombre de personne qui l’on pratiqué et qui continuent de le pratiquer. Il fallait alors, innover, faire appel à mon sens de création artistique. ‘’Dongoudou’’, c’est une inspiration divine. C’est après un long sommeil que le concept m’a été donné. J’ai alors commencé par rassembler les instruments. D’entrer, le nom que portera le nouveau rythme ne m’a pas été révélé. Comment faire pour que le rythme soit audible et agréable à l’oreille, c’est ce qu’on m’a donné pour commencer. J’ai donc prix les deux petits tam-tams du rythme Toba Hanyé que j’ai ajouté à celui en calebasse et aux tambours d’eau et on a commencé par jouer. C’est après cela que le nom du rythme m’a été révélé ‘’Le Dongoudou’’. Cherchant toujours la perfection, j’ai ajouté le Kpézin l’un des tam-tams phares du rythme Zinli d’Abomey.  Une fois satisfait du résultat, j’ai convié le 15 Août dernier tous les grands noms de la musique traditionnelle béninoise, les musicologues et journalistes culturels de renoms, les têtes couronnées autour du ‘’Dongoudou’’ pour la sortie officielle du nouveau rythme.

Un mot à l’endroit des béninois qui aiment ce que tu fais ?

Qu’ils me soutiennent parce que je suis leur produit. Ce sont eux qui m’ont emmené à ce niveau. C’est de part leur appréciation que je suis connu alors qu’ils ne cessent de m’encourager et moi je leur promets le meilleur